Filière Agrumes de Sicile et Calabre

Ces 2 régions bénéficient à la fois de terres riches et fertiles (volcaniques et argilo- calcaires) et d’un climat particulièrement propice à la culture des agrumes.
Le climat italien est de type méditerranéen où alternent été chaud et sec et hiver doux et humide. Les pluies sont rares, l’eau en est d’autant plus précieuse.
L’agriculture bio figure parmi les priorités agricoles nationales. Dans la loi de finances 2005, environ 5 m€ ont été consacrés au développement de l’agriculture bio. En termes d’appui aux producteurs, les aides relèvent du niveau régional, compétent en exclusivité sur l’application des mesures de développement rural. Ces appuis restent compatibles avec l’octroi des aides issues de la réforme de la PAC, mise en œuvre, en Italie, dès 2005.
Les agrumes d’Italie
Les agrumes appartiennent à la famille des Rutaceae. Orangers, citronniers, mandariniers, pamplemoussiers et cédratiers sont les espèces les plus connues. Originaires du Sud-est asiatique, ils se sont peu à peu répandus pour se fixer dans les régions chaudes. Ils représentent la première production fruitière mondiale. Ces fruits non-climatériques* doivent être récoltés à maturité.
La culture des agrumes en bio
L’agriculture biologique, qui s’interdit d’utiliser des produits chimiques de synthèse, favorise la prévention et recourt à des méthodes naturelles pour nourrir la plante et lutter contre maladies et parasites tout au long de l’itinéraire cultural. En agrumiculture, cela se traduit par :
- une fertilisation organique (guano, tourteaux…),
- l’apport de matière organique pour favoriser la vie microbienne du sol (compost ou fumier), création de haies diversifiées pour maintenir la biodiversité de la faune et protéger les arbres du vent…,
- la gestion de l’enherbement du verger par un gyrobroyage régulier ou un désherbage mécanique,
- l’utilisation d’engrais verts pour permettre une fertilisation naturelle par coupe et enfouissement,
- le posage de pièges englués de matière attractive contre la mouche méditerranéenne (cératite), insecte qui pond ses œufs dans les fruits,
- le lâcher d’insectes auxiliaires pour réguler la population de Metcalfa, ravageur qui développe la fumagine sur les fruits,
- la lutte contre la cochenille par un traitement aux huiles minérales…
Ces pratiques favorisent le maintien et le développement d’insectes auxiliaires (coccinelles…), qui, par exemple en 2008, ont combattu efficacement les acariens ayant envahi les vergers à cause de la chaleur. Pratique impossible en conventionnel où le recours systématique, de la plantation au post récolte, aux molécules chimiques de synthèse (engrais, désherbants, insecticides et fongicides) éradique ces insectes prédateurs.
Pour anticiper la saison, les agrumes conventionnels sont cueillis plus tôt et déverdis, pour obtenir une coloration artificielle de l’épiderme. Ils sont aussi « cirés » à base d’Imazalil afin de leur donner un aspect plus brillant.
En bio, ils sont récoltés à maturité, ce qui leur confère une peau fine, une chair dense et juteuse. Ils se conservent également plus longtemps.
*Climatérique : se dit d’un fruit dont la maturation dépend de l’éthylène (hormone végétale) et qui est associée à une augmentation de la respiration cellulaire des tissus : banane, pomme, poire, tomate, melon, pêche, avocat... Par opposition, on parle d’un fruit non-climatérique : agrume, raisin, fraise, cerise...
Consommation
La peau des agrumes est une écorce composée de deux couches :
- l’une superficielle, rugueuse et résistante, jaune orangée sous l’action des flavonoïdes, nommée épicarpe ou flavedo ou zeste.
- L’autre, interne, blanche et spongieuse, s’appelle mésocarpe ou albédo.
La pulpe est constituée de quartiers. Elle est riche en flavonoïdes qui augmentent le tonus veineux (résistance des vaisseaux sanguins) et le drainage lymphatique, réduisent les phénomènes inflammatoires, préservent la micro-circulation et favorisent la cicatrisation des ulcères de jambes.
Très nutritifs, ils sont riches en vitamine C et provitamine A et apportent un large éventail de minéraux, notamment du potassium et du calcium.
Un agrume vert peut être mûr
Une orange (comme un citron) peut être verte tout en étant mûre. Pour se colorer, le fruit a besoin de forts écarts de températures entre le jour et la nuit. Or, en Méditerranée, il fait régulièrement chaud en automne, voire en hiver. Cette chaleur retarde la coloration du fruit, interdisant son exportation, uniquement parce que le consommateur européen ne conçoit pas d’acheter une orange verte ! En fin de campagne - juin et juillet - alors que les fruits sont délicieux, la peau des oranges, en raison de la forte chaleur, redevient verte.
Les oranges
La saison des oranges commence chaque année en novembre par les Navel blondes (la précoce Navelina fin octobre, puis la Navel et la Washington Navel en décembre) ; viennent ensuite l’Ovale, et la Salustiana. Leur écorce orangée est épaisse, rugueuse et facile à peler. Leur chair croquante et sucrée est particulièrement savoureuse et presque toujours exempte de pépins.
En mars, la Valencia prend la relève jusqu’à fin juin. Cette variété de table, ovale, de petit calibre et à la peau plus fine constitue l’orange à jus par excellence.
Sa chair acidulée contient peu ou pas de pépins.
Les demi-sanguines, qu’on nomme ainsi en raison de la présence de filets pigmentés de rouge, ont une production qui s’étale de décembre à avril :
- La Tarocco. Ces oranges sont cultivées essentiellement en Sicile, au pied de l’Etna. Sur un terrain volcanique propice à leur développement, les fruits peuvent être cueillis à maturité, de décembre à mars. Les pigments rouges de la tarocco sont dus aux conditions climatiques propres à la province de Catane. Les différences thermiques, élevées entre le jour et la nuit favorisent l’apparition de cette coloration si particulière.
- Les vraies sanguines comme la Sanguinello ou la Moro, sont récoltées à partir de décembre et sont disponibles jusqu’à fin avril. Hybride à chair rouge, la sanguine est généralement dépourvue de pépins. De forme légèrement allongée, sa pulpe est sucrée, juteuse et très parfumée.

Les clémentines
Fruit du croisement entre un mandarinier et un autre agrume en Algérie en 1892, la clémentine porte le nom de son inventeur, le Père Clément. Dépourvue de pépins, facile à éplucher et dotée d’une chair juteuse, douce et légèrement acidulée, la clémentine a tendance à se développer au détriment de la mandarine.
L’Italie, et plus particulièrement « la Calabre » est une terre de clémentines. Elle a obtenu un certificat d’attestation géographique protégée (IGP) équivalent à un AOC français. La plaine de Sibari est la plus grande de Calabre. Elle est située sur le versant Ionien Ouest de la région entre les massifs du Pollino et de la Silla. La clémentine s’est diffusée dans toute la zone méditerranéenne trouvant cependant dans la plaine de Sibari son biotope idéal, un climat doux et tempéré qui permet aux fruits d’optimiser ses caractéristiques qualitatives. La clémentine de la plaine de Sibari est particulièrement gustative, diurétique et possède un taux de sucre élevé ; elle est agrémentée d’une couleur rouge intense ; ces caractéristiques la rendent unique et très demandée.
Sa variété est « la Commune ». Cette variété est reconnaissable à sa forme ovale, légèrement aplatie sur le sommet. Sa maturité est optimum au mois d’octobre.
Les citrons, disponibles presque toute l’année grâce à l’échelonnement des différentes variétés. En Italie, si l'on exclut les zones particulières où des conditions microclimatiques spéciales le permettent, le citron n'est produit qu'en Sicile, Calabre et Campanie. En effet, pour croître, le citronnier a besoin d'une température de 12ºC à 38ºC, d'une altitude qui ne doit pas dépasser les 200-300 mètres au-dessus du niveau de la mer. Non seulement un terrain approprié mais aussi une bonne résistance au "mal sec" sont déterminants pour une culture optimale de cette précieuse plante. Les citronniers sont des plantes qui aiment les régions à climat chaud constant; ils commencent leur fructification après 4-5 ans et produisent une quantité croissante de fruits jusqu'à leur quinzième année de vie. Une plante stabilisée peut vivre et produire jusqu'à 80 ans, si toutes ses exigences culturales sont satisfaites.
- Femminello Comune, cultivé essentiellement en Sicile (Catane, Palerme, Syracuse) et en Calabre. La floraison principale des citronniers a lieu en avril et en mai. La production des fruits se répète 3 fois par an. La première fructification, appelée « primofiore » a lieu en octobre et donne des citrons juteux. La récolte de mars est celle des « bianchetti », des citrons qui ont une peau jaune clair. En juin, c’est la période des « verdelli », des citrons très verts qui ont une peau qui adhère au fruit.
- Interdonato, son fruit allongé et muni d’un renflement conique est de taille assez grande ; sa culture est répandue sur le versant ionien de Messine. Sa maturité précoce lui permet d’avoir une bonne production de Primofiore (set-oct) fort prisée sur le marché.
- Femminello siracusano : il dérive très probablement par mutation de bourgeons du Femminello commune, ce genre de citronnier se distingue par sa plante très vigoureuse, sa croissance très rapide et sa fructification avancée par rapport aux autres citronniers méditerranéens.
Chez les mandarines, la plus répandue des variétés est la Tardivo. D’ autres variétés, telles que la Nova, s’apprécient pour leur peau fine, leur absence de pépins ainsi que leur pulpe douce, mais sont disponibles dans des volumes plus limités.
Arcobaléno
Arcobaléno a été crée en Sicile en 1993 par de jeunes agriculteurs ayant repris l’exploitation de leurs parents. Cette coopérative qui comprend 25 associés, s’étend aujourd’hui sur 210 hectares de terrain, produisant à la fois des oranges et de l’huile d’olive. La production de cette zone est commercialisée sous une Dénomination d’Origine Protégée. Les terres agricoles sont situées près de Sciacca , à une vingtaine de kilomètres de la mer et des côtes africaines.
L’exploitation est située près de Villafranca Sicula à une altitude qui varie de + 200 à +600 mètres. Le relief en collines, l’exposition légèrement ventée, l’absence totale d’humidité et l’effet bénéfique du climat de la mer Méditerranée rendent ces terres particulièrement adaptées à la culture biologique des agrumes.
Le choix du bio a été fait dès le départ par les membres de la coopérative dans un souci de protection de la santé des consommateurs et des producteurs.

Arcobaléno travaille depuis 2000 avec ProNatura. 500 tonnes d’oranges (Navelina, Navel, Washington Navel) ont été commercialisées par ProNatura durant la dernière campagne (2007-2008). Arcobaléno a obtenu la certification Globalgap en 2007.

Tramoncosta
Fondé en 1974 par Ziino Colanino Antonino, cette coopérative doit son nom à sa situation géographique, sur la cote Tramontaine, au Nord de la Sicile. Elle regroupe aujourd’hui 26 producteurs. Leur produit phare est le citron Primofiore, dont la récolte s’étale de septembre à avril. Les citrons sont cueillis à la main environ 3 fois par an pour les préserver contre les mauvais traitements mécaniques qui nuiraient à leur aspect et à leur état.
Ensuite, viennent les oranges ovales, spécialité des zones de Ficarra, Sinagra, Naso et des vallées avoisinantes.
Le partenariat avec ProNatura date de 1999. La relation bâtie au fil des ans entre Tramoncosta et ProNatura est basée sur la confiance réciproque, élément fondamental de toute approche commerciale dans l’univers des produits biologiques.
L’augmentation très significative des volumes commercialisés ensemble au cours des années est le meilleur symbole de la réussite de cette relation : de 50 tonnes en 2000-2001 à 800 tonnes en 2007/08.

Borghèse
L’exploitation agricole de Borghèse se situe à Lentini, entre Catane et Syracuse, en plein centre du triangle d’or des oranges sanguines de Sicile (zone IGP, origine appellation contrôlée de l’orange sanguine au sein de l’Union Européenne). Cette zone s’étend sur 200 hectares d’une terre fertile, entièrement cultivée en Bio à proximité d’un lac légendaire le lac Biviere.
L’exploitation a été certifiée GlobalGap en 2004, et ISO 9001 en 2005. Borghèse exporte sa production dans de nombreux pays européens : France avec ProNatura pour qui Borghèse fut un des premiers partenaires italiens en 1993, mais aussi Royaume Uni, Belgique, Allemagne, Hollande.



