La banane biologique et équitable du Pérou
La banane est le fruit le plus consommé dans le monde. Il fait aussi partie de ceux qui subissent le plus de traitements chimiques de synthèse, provoquant des dégâts environnementaux et sanitaires. La très forte variation des cours créé une insécurité difficile à supporter pour les paysans et leurs familles.
La mise en place de filières biologiques paysannes, comme celle de la banane péruvienne importée par ProNatura, constitue une solution viable et durable pour les producteurs.
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La culture de la banane biologique a pu s’imposer dans la Vallée de Chira, grâce à des conditions particulièrement favorables : température moyenne de 32°, bon ensoleillement, faibles précipitations, sols limono-argileux profond, accès facile au port de Païta, etc.
Et élément déterminant, le climat plutôt sec de cette région empêche le développement de la sigatoka negra, maladie de la banane, combattue avec des fongicides en conventionnel.
Mais c’est surtout une volonté forte de l’Etat péruvien qui a permis, en 2001, de lancer ce programme ambitieux de conversion vers l’agriculture biologique. Il s’agissait de trouver une solution alternative à un marché saturé et de moins en moins rémunérateur.
L’objectif, en passe de réussir, était de préserver l’environnement et la santé des paysans et surtout les faire participer plus activement à un système économique pour en tirer de meilleurs revenus pour eux et leurs familles.
La production de la banane biologique dans la vallée de Chira représente aujourd’hui près de 5000 ha et concerne environ 5000 cultivateurs indépendants et leurs familles, réunis dans plusieurs associations de producteurs.
Plusieurs entités autonomes, créées à l’initiative des producteurs, ont vu le jour pour centraliser et organiser la production de bananes.
Elles ont pour but de :
- améliorer les conditions de vie des paysans et de leurs communautés en créant des emplois, en luttant contre la pauvreté…,
- parvenir à une utilisation plus rationnelle des ressources naturelles,
- protéger la biodiversité par une gestion durable des moyens de production,
- structurer les organisations en professionnalisant les équipes, les responsabiliser sur l’intégralité de la chaîne, les aider à acquérir de nouveaux savoir-faire, etc.
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Parmi ces organisations, CEPIBO est née en 2003. Elle réunit près de 1000 producteurs sur environ 1000 ha.
La rencontre, fin 2007, entre ProNatura et CEPIBO (Centrale Piuranaise des associations de petits producteurs de bananes biologiques) a donné vie à la filière de banane biologique et commerce équitable (label Max Havelaar) de ProNatura.
Dans ce partenariat, CEPIBO est devenue l’interlocutrice directe de ProNatura, s’est vu confier la gestion de ses besoins et l’organisation de toutes les étapes de la production à l’exportation, évitant le passage jusque-là incontournable par une structure exportatrice.
Pour les producteurs l’avantage premier réside dans la sécurité qu’ils trouvent dans cette démarche. Ils n’ont plus à se préoccuper en permanence de l’écoulement de leur production, à négocier mensuellement les prix puisqu’ils ont des contrats pluriannuels, connaissent d’avance les revenus qu’ils auront grâce au prix fixe. Ce qui les rassure sur l’avenir et les incite à faire des projets.
ProNatura, qui trouve son intérêt dans un modèle économique en phase avec ses valeurs fondatrices, a participé et contribue à ce projet en :
- confiant à CEPIBO ses approvisionnements,
- finançant la construction de plusieurs stations de conditionnement,
- faisant des avances sur récoltes,
- payant les marchandises au comptant et au départ, sur la base du prix commerce équitable fixé par FLO (Fairtrade labelling organisation), prix en moyenne supérieur de 10 à 25% par rapport au conventionnel,
- en versant une prime de développement pour financer les actions collectives en faveur des producteurs …
Herbe tropicale géante pouvant mesurer jusqu’à quinze mètres, le bananier se développe à partir d’un bulbe (ou rhizome). Il lui faut un système d’irrigation efficace et un bon drainage. Après dix mois, le rhizome engendre une inflorescence, suivie, quelques jours plus tard, d’un bourgeon qui produira le régime de bananes. Pour pouvoir le récolter dans un délai de 11 à 13 semaines, période nécessaire à la formation des bananes, le planteur signale cette naissance par un fil de couleur.
Un bananier donne un seul régime. À la récolte, le pied mère meurt, mais lui survivent des ramifications latérales (ou rejets) qu’il a préalablement émises, assurant la pérennité de la plante. Le régime est ensuite transporté (à dos d’hommes ou par câble) de la parcelle jusqu’à la station où il sera séparé en « mains ». Une fois lavées pour les débarrasser de la poussière et autres particules accumulées durant la culture, elles sont coupées en « clusters », mains plus petites réunissant 5 à 7 doigts (ou bananes). Elles sont ensuite séchées, traitées avec un produit naturel pour favoriser la cicatrisation, puis disposées dans des caisses de 18,14 kg, poids réglementaire
La banane cultivée par CEPIBO est biologique. Elle est certifiée par BCS, un organisme de contrôle européen.
L’agriculture biologique interdit tout recours à des produits chimiques de synthèse (engrais, pesticides...) ainsi que tout traitement chimique en post-récolte (comme le tiabendazole, utilisé par le conventionnel sur la peau de la banane).
Méthode préventive, elle s’évertue à créer des conditions de culture les plus favorables possibles, évitant ainsi de devoir recourir à la chimie.
Elle utilise des engrais naturels (guano…), protège les plantes par des barrières constituées de plantations vivrières…), gère les ressources (eau…), recycle les matières produites (feuilles de bananiers…), etc.
Le seul traitement autorisé en agriculture biologique pour la banane est appliqué au moment de la récolte. Il s’agit du citrex, produit naturel extrait de pépins de citron et de pamplemousse, facilitant la cicatrisation de la couronne au point de coupe.
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